Les bateaux en bois traditionnels de la côte sud de la Turquie offrent ce que les yachts modernes en fibre de verre ne peuvent égaler : un caractère inscrit dans chaque planche. Une goélette turque (gulet) associe des espaces de vie généreux à un véritable savoir-faire artisanal, avec en général 4 à 8 cabines dotées de salles de bains privatives, un grand pont pour bronzer et un équipage complet qui s’occupe de tout, de la navigation aux repas. Ces motorsailers naviguent surtout au moteur. Leurs voiles sont fonctionnelles, mais vous les verrez rarement hissées pendant une semaine de croisière.
La plupart des gens imaginent de fins yachts blancs lorsqu’ils pensent à une croisière en Méditerranée. Ils passent à côté de l’essentiel.
En plus de 15 ans à observer les tendances de la location, nous avons vu familles et groupes revenir sans cesse à la croisière en goélette en Turquie, tandis que leurs séjours sur des yachts modernes raccourcissaient. La différence ? L’espace, la stabilité et cette chaleur indéfinissable du bois et de la tradition.
Ce qui rend les goélettes turques différentes
La goélette turque se distingue des yachts de location classiques sur tout ce qui compte pendant votre semaine à bord. Construits dans des chantiers traditionnels de la côte turque – principalement à Bodrum, Marmaris et Bozburun –, ces voiliers en bois mesurent de 18 à 35 mètres et accueillent confortablement 8 à 16 passagers. Si ce type de bateau est nouveau pour vous, découvrez d’abord ce qu’est une goélette ; ce guide approfondit la construction en bois, les types régionaux et le choix du bon bateau.
En montant à bord d’un bateau goélette, vous remarquez immédiatement sa largeur (le bau). Là où un yacht à moteur de 24 mètres offre 5,5 à 6 mètres de large, une goélette privée comparable atteint 6,5 à 7,5 mètres.
Ce mètre supplémentaire se traduit par des cabines plus spacieuses. Il offre aussi des coursives et des ponts plus larges. Les groupes se retrouvent confortablement au lieu de se frôler sans cesse.

La construction compte plus qu’on ne le pense. Les charpentiers de marine traditionnels de Bodrum et de Bozburun utilisent encore des techniques transmises de génération en génération. Coques en pin ou en acajou, ponts en teck et intérieurs finis à la main donnent des bateaux qui se bonifient avec l’âge au lieu de se dégrader. Nous avons exploité des goélettes construites dans les années 1990 qui se louaient mieux que des yachts en fibre de verre de 2015.
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La goélette touristique est plus jeune qu’on ne le croit. Des chercheurs de l’Université technique d’Istanbul datent de 1967 la première goélette conçue spécialement pour le tourisme, la Botaş, et le musée maritime de Bodrum attribue au maître charpentier Ziya Güvendiren la formation de presque tous les premiers maîtres constructeurs de la ville. Les types régionaux diffèrent encore : les goélettes de type Bodrum ont une poupe arrondie et une coque très basse sur l’eau, tandis que les chantiers de Marmaris et de Fethiye ont surélevé la poupe pour gagner de l’espace intérieur.
Les dernières saisons montrent une tendance intéressante. Les couples de moins de 40 ans demandent souvent d’abord un yacht à moteur moderne.
Puis ils passent à la goélette pour leur deuxième location. Pourquoi ? Ils se souviennent de l’expérience, pas seulement des équipements.
Cette première croisière sur un yacht à moteur élégant est très photogénique, mais paraît aseptisée. Une croisière en goélette en Turquie, elle, offre de vraies vacances.
Des caractéristiques de conception qui fonctionnent
Les goélettes turques ont évolué spécifiquement pour la navigation en mer Égée et les conditions méditerranéennes. Leur large bau assure la stabilité face au meltem de l’après-midi, qui monte régulièrement à 15-20 nœuds de juin à septembre. Là où les yachts à moteur étroits roulent nettement, les goélettes ressentent à peine le mouvement.
Dans l’aménagement type, les cabines se trouvent sous le pont, avec une bonne hauteur sous plafond (1,9 à 2,1 mètres sur les constructions de qualité) et des fenêtres ou hublots pour la lumière naturelle. Sur le pont supérieur, des banquettes rembourrées occupent l’avant et l’arrière.
Une table permet à tout le monde de dîner ensemble. Des matelas de bain de soleil sont installés sur le pont avant. La plateforme de bain arrière se trouve à seulement 30-40 cm au-dessus de la ligne de flottaison – un accès facile à l’eau, sans la gymnastique d’échelle des yachts plus hauts.

Sur une vraie goélette, les voiles restent fonctionnelles, même si les capitaines les utilisent rarement en location. Le gréement et la toile coûtent cher à entretenir ; vous les verrez donc déployées peut-être une fois par semaine, pour les photos.
Ce sont les moteurs qui font le vrai travail : deux diesels de 200 à 400 chevaux selon la taille du bateau. Ils naviguent à 8-10 nœuds et couvrent sans effort 15 à 25 milles nautiques par jour.
Goélette ou yacht à moteur : la vraie comparaison
Voici ce que montrent réellement les chiffres pour des bateaux comparables accueillant 8 à 12 passagers :
| Caractéristique | Goélette turque (24 m) | Yacht à moteur (24 m) |
|---|---|---|
| Prix à la semaine (haute saison) | 10 000–16 000 € | 18 000–28 000 € |
| Largeur (bau) | 6,5–7,5 m | 5,5–6 m |
| Taille de la cabine principale | 16–20 m² | 12–15 m² |
| Surface de pont | 80–100 m² | 50–65 m² |
| Consommation de carburant | 40–60 L/heure | 80–150 L/heure |
| Vitesse de croisière | 8–10 nœuds | 18–25 nœuds |
L’écart de prix s’explique par plusieurs facteurs. Les goélettes consomment moins de carburant (40 à 60 litres par heure contre 80 à 150 pour les yachts à moteur), demandent des systèmes d’entretien moins sophistiqués, et la construction en Turquie coûte moins cher qu’ailleurs en Europe. Une goélette de Marmaris issue d’un chantier réputé offre un confort comparable à celui de yachts à moteur italiens nettement plus chers à la semaine.
La réalité de l’entretien : les goélettes de qualité sont sorties de l’eau chaque année pour inspecter la coque, le pont en teck est rénové tous les 3-4 ans et les moteurs sont révisés toutes les 500 heures. Maintenir une goélette en bois de 6 cabines en bon état demande un budget annuel conséquent ; les yachts à moteur de taille similaire coûtent généralement plus cher à entretenir en raison de leurs systèmes complexes et de pièces plus coûteuses.
Origines de la croisière bleue et réalité d’aujourd’hui
La croisière bleue est née à Bodrum, où l’écrivain turc Cevat Şakir Kabaağaçlı (surnommé le « Pêcheur d’Halicarnasse ») fut exilé en 1925 et explora la côte pendant des décennies à bord de bateaux en bois traditionnels. Il décrivit des criques cachées, des ruines antiques et des villages de pêcheurs inaccessibles par la route. Ses écrits ont popularisé la « mavi yolculuk » – le voyage bleu – et fait de la goélette le bateau idéal pour explorer la côte.
Ce récit romantique perdure dans les brochures. Voici ce qui se passe réellement pendant votre croisière bleue en Turquie :
- Vous naviguez entre des mouillages précis.
- Vous vous baignez dans des baies limpides.
- Vous savourez les repas préparés par le cuisinier de bord.
- Vous dormez dans le confort de la climatisation. C’est merveilleux, mais ce n’est pas une aventure en pleine nature.
La plupart des itinéraires d’une semaine couvrent 80 à 120 milles nautiques au total et 5 à 7 mouillages différents. Vous vous réveillez chaque matin dans une nouvelle baie, naviguez 2 à 3 heures après le petit-déjeuner vers l’étape suivante, puis jetez l’ancre en début d’après-midi. Ce rythme fonctionne, car il maximise le temps de baignade quand le soleil est haut et permet à l’équipage de préparer déjeuner et dîner sans se presser.
La Riviera turque offre des expériences différentes selon votre port de départ. Les itinéraires au départ de Bodrum explorent généralement les côtes nord et sud de la péninsule et peuvent rejoindre des îles grecques comme Kos avec les autorisations nécessaires. Les départs de Marmaris et de Göcek donnent accès aux célèbres 12 îles de Göcek, au golfe de Fethiye et à la côte spectaculaire vers Kalkan et Kaş. Chaque région a son caractère – Bodrum est plus développée et animée, Göcek et Fethiye offrent des mouillages plus isolés.
Exemple d’itinéraire de 7 jours : Bodrum et golfe de Gökova
Voici à quoi ressemble une semaine type au départ de Bodrum :
Jour 1 (samedi) : embarquement au port de Bodrum avant 16 h, installation en cabine, dîner à bord. Pas de navigation – journée d’avitaillement et de préparation.
Jour 2 (dimanche) : Bodrum – île d’Orak (12 milles nautiques, 1 h 30). Ancre jetée vers 11 h dans des eaux turquoise.
Baignade, déjeuner à bord. L’après-midi, navigation vers la baie de Çökertme (8 milles, 1 heure). Dîner dans un restaurant en bord de mer ou à bord.
Jour 3 (lundi) : Çökertme – Sept Îles (10 milles, 1 h 30). Plusieurs spots de baignade à explorer. Déjeuner au mouillage. L’après-midi, baie de Küfre (6 milles, 45 minutes). Mouillage paisible, dîner à bord sous les étoiles.
Jour 4 (mardi) : Küfre – English Harbour (8 milles, 1 heure). Baie historique avec des ruines byzantines. Baignade et kayak.
L’après-midi, île de Cléopâtre (5 milles, 40 minutes). Promenade parmi les ruines antiques, baignade sur la célèbre plage. Nuit au mouillage.

Jour 5 (mercredi) : île de Cléopâtre – Karacasöğüt (14 milles, 2 heures). Petit village de pêcheurs, dernière occasion de faire des courses. Déjeuner à bord. Après-midi libre – paddle, baignade. Dîner au village possible.
Jour 6 (jeudi) : Karacasöğüt – baie du Météore (16 milles, 2 heures). Falaises spectaculaires et eau limpide. Journée entière de baignade et de détente. Dîner d’adieu préparé par l’équipage.
Jour 7 (vendredi) : baie du Météore – Bodrum (18 milles, 2 h 30). Baignade matinale, puis retour. Arrivée à Bodrum vers 16 h. Dernière nuit à bord, à la marina.
Jour 8 (samedi) : débarquement après le petit-déjeuner, avant 10 h.
Distance totale : environ 97 milles nautiques. Temps de navigation : environ 11 heures sur 7 jours. Cet itinéraire convient aux débutants – eaux protégées, courtes étapes, bonnes infrastructures. Les plus expérimentés peuvent ajouter des escales dans les îles grecques (Kos, Kalymnos) avec des autorisations obtenues à l’avance.
Ce que les loueurs ne disent pas
La construction traditionnelle en bois exige un entretien constant. Les opérateurs sérieux s’en chargent entre deux locations, mais les goélettes bon marché font souvent l’impasse sur des travaux essentiels.
La différence se voit dans les détails : le pont en teck doit être ferme sous le pied, pas spongieux. Le vernis doit être brillant, ni terne ni écaillé. Les coussins doivent être secs et propres, sans odeur de moisi.
Le bruit du moteur varie énormément d’un bateau à l’autre. Les goélettes anciennes mal isolées transmettent le grondement du diesel directement dans les cabines. Les constructions récentes ou les classiques bien rénovés utilisent des isolants phoniques qui rendent le moteur presque imperceptible. Renseignez-vous sur l’emplacement et l’isolation du moteur avant de réserver – cela influe sur votre sommeil au mouillage, lorsque le générateur tourne pour la climatisation.

La qualité de l’équipage compte davantage sur une goélette que sur un yacht à moteur. Votre capitaine, votre cuisinier et votre ou vos matelots vivent à bord avec vous toute la semaine.
Ce ne sont pas de simples employés – ils façonnent toute votre expérience. Les meilleurs équipages anticipent vos besoins, connaissent des mouillages secrets et cuisinent comme au restaurant. Les équipages médiocres font le minimum, servent des repas répétitifs et créent une ambiance tendue.
Comment évaluer l’équipage avant de réserver
N’acceptez pas la réponse « on ne peut juger l’équipage qu’à bord ». Voici 10 questions précises à poser aux loueurs :
- Depuis combien de temps votre capitaine navigue-t-il sur cet itinéraire ? Visez 5 ans d’expérience ou plus dans la région choisie – il connaîtra la météo locale et les mouillages cachés.
- Puis-je voir le brevet maritime du capitaine ? En Turquie, les capitaines professionnels doivent être dûment brevetés. Demandez les numéros de certificat.
- Quel est le parcours professionnel de votre cuisinier ? Les meilleurs ont été formés en restaurant ou en hôtel, pas seulement à la cuisine familiale. Demandez où il a travaillé auparavant.
- Pouvez-vous fournir des exemples de menus de croisières récentes ? Cela révèle la qualité et la variété. Des menus répétitifs trahissent un cuisinier inexpérimenté.
- Quel est le taux de rotation de votre équipage ? Les bons opérateurs gardent leurs équipages plusieurs saisons. Une rotation élevée (nouvel équipage chaque saison) signale des problèmes.
- Puis-je parler au capitaine avant de réserver ? Les loueurs sérieux organisent un appel avant la croisière. Un refus est mauvais signe.
- Avez-vous des références de croisières des 6 derniers mois ? Les références récentes comptent plus que les anciennes. Demandez 2 ou 3 contacts.
- Combien de membres d’équipage pour la taille de mon groupe ? La norme est de 3 personnes pour 8 à 12 passagers (capitaine, cuisinier, matelot). Les groupes plus grands en nécessitent 4.
- Le même équipage reste-t-il pendant toute ma croisière ? Un changement d’équipage en milieu de semaine perturbe le service. Faites confirmer que l’équipage reste à bord du début à la fin.
- Quelles langues votre équipage parle-t-il couramment ? L’anglais est indispensable. D’autres langues (allemand, français) aident les groupes internationaux.
Signaux d’alerte : évitez les loueurs incapables de répondre à ces questions, qui refusent tout contact avec le capitaine ou affirment que « tous les équipages se valent ». Les opérateurs de qualité présentent fièrement les qualifications de leur équipage.
Coûts et réalité de la réservation
Une location privée de goélette en Turquie coûte, selon la moyenne de 189 locations de goélettes réalisées par De Yachting en 2024–26, à partir d’environ 7 000 € par semaine pour une goélette standard de 4 cabines, jusqu’à 35 000 € et plus par semaine pour les goélettes de luxe de 6 à 8 cabines en juillet–août. En haute saison (juillet-août), les bateaux standard de 4 à 6 cabines se louent généralement entre 8 000 et 16 000 € la semaine, et les goélettes de luxe entre 20 000 et 35 000 € et plus. En intersaison (mai-juin, septembre-octobre), les bateaux standard descendent à environ 7 000–11 000 €, et les semaines hors saison (avril, novembre) restent en général proches du plancher de 7 000 €. Nos offres comprennent le bateau, l’équipage, le carburant pour l’itinéraire prévu et les frais de port dans les eaux turques, tels qu’indiqués dans votre devis écrit.
Ce qui n’est pas inclus surprend souvent : nourriture et boissons, frais liés aux eaux grecques (le cas échéant), carburant des sports nautiques et pourboires de l’équipage. L’avitaillement est budgété à part – le cuisinier fait les courses selon vos préférences et vous remboursez le coût réel ; le montant dépend donc de votre menu et de vos boissons.
| Poste de coût | Haute saison | Intersaison | Hors saison |
|---|---|---|---|
| Location de base (standard, 6 cabines) | 10 000–16 000 € | 7 000–11 000 € | 7 000–8 000 € |
| Avitaillement (par personne) | En sus, au coût réel | En sus, au coût réel | En sus, au coût réel |
| Extras & frais | Frais des eaux grecques, pourboires, boissons | Frais des eaux grecques, pourboires, boissons | Frais des eaux grecques, pourboires, boissons |
Une location avec équipage comprend un capitaine, un cuisinier et un matelot qui assurent toute la conduite du bateau, la préparation des repas et le ménage quotidien. Vous n’êtes jamais responsable de la navigation, du mouillage ou de l’entretien – vous profitez simplement de vos vacances.
Ce qui surprend les novices : le prix de base est plus avantageux qu’il n’y paraît. Vous bénéficiez à la fois de l’hébergement, du transport, du service d’équipage et d’un hôtel flottant. Comparez avec la location d’une villa (3 000–5 000 € la semaine), plus une voiture de location (400–600 €), plus le restaurant à chaque repas (100 € et plus par jour et par personne), plus des excursions en bateau à la journée (50–100 € par personne). La goélette réunit tout pour un coût total compétitif.
Réserver tôt (de décembre à février pour l’été) vous donne le plus large choix de bateaux et de dates, et parfois une remise pour réservation anticipée. Des offres de dernière minute (moins de 30 jours avant le départ) apparaissent de temps en temps, mais vous choisissez alors parmi ce qui reste disponible plutôt que votre bateau et vos dates préférés.
Lire entre les lignes du marketing
« Goélette de luxe » ne signifie pas la même chose pour tous les loueurs. Certains l’emploient pour tout bateau climatisé construit après 2000. D’autres le réservent aux goélettes dotées de vrais atouts haut de gamme : salle de bains privative dans chaque cabine, quartiers d’équipage séparés, système audio de qualité, nombreux jouets nautiques et finitions haut de gamme partout.
Le nombre de cabines peut être trompeur. Une « goélette de 8 cabines » peut compter deux minuscules cabines simples réservées aux enfants ou au personnel, plus six vraies cabines doubles. Ou bien huit véritables cabines doubles.
Les photos montrent rarement la taille réelle des cabines – les objectifs grand-angle font paraître spacieuses des cabines de 9 mètres carrés. Demandez les dimensions exactes : une bonne cabine double mesure 10–14 mètres carrés, une cabine principale 16–20 mètres carrés.
L’année de construction compte moins que l’historique de rénovation. Une goélette de 1995 entièrement rénovée en 2020 (moteurs neufs, électricité refaite, salles de bains modernisées, boiseries restaurées) surpasse une construction de 2010 qui n’a reçu qu’un entretien de base. Interrogez précisément sur les systèmes majeurs : quand les moteurs ont-ils été révisés, quand le teck a-t-il été remplacé, quand les coussins ont-ils été renouvelés ?
Capacité à naviguer à la voile : la vérité
Les goélettes turques peuvent-elles vraiment naviguer à la voile ? Techniquement oui, mais en pratique presque jamais pendant une location. Le gréement porte de vraies voiles – en général une grand-voile et un foc totalisant 150 à 300 mètres carrés de toile selon la taille du bateau. Dans de bonnes conditions (12-18 nœuds sous un angle favorable), une goélette avance à 4-6 nœuds à la voile.
Les capitaines évitent la voile pour des raisons logiques. D’abord, c’est lent – au moteur, la même distance se parcourt en deux fois moins de temps.
Ensuite, cela mobilise l’équipage, qui pourrait se consacrer aux passagers. Troisièmement, cela limite la flexibilité de l’itinéraire, car vous dépendez de la direction du vent. Enfin, et c’est la raison la plus honnête, l’usure supplémentaire des voiles et du gréement coûte de l’argent que les opérateurs préfèrent économiser.
Vous verrez les voiles hissées pour les photos, en général une fois par semaine pendant 20 à 30 minutes. Certains capitaines naviguent à la voile une heure ou deux si les conditions sont parfaites et si les passagers le demandent expressément. Quelques opérateurs spécialisés en Turquie misent sur une véritable expérience de voile, mais ils ne représentent qu’une petite minorité de la flotte.
L’appellation motorsailer décrit fidèlement l’exploitation actuelle des goélettes. Ce sont des bateaux à moteur capables de naviguer à la voile, et non des voiliers dotés d’un moteur auxiliaire. Si la voile compte pour vous, réservez auprès d’opérateurs qui la mettent en avant et faites confirmer par écrit que vous attendez de vraies heures de voile chaque jour. Sinon, acceptez d’être à bord d’un bateau à moteur au caractère de bateau en bois traditionnel.

Choisir votre goélette et votre itinéraire
Choisissez d’abord le bateau selon l’agencement des cabines, l’équipage et l’historique de rénovation, puis l’itinéraire selon ce que vous attendez de la semaine : histoire, plages, vie nocturne ou tranquillité. Pour une liste de contrôle pas à pas sur la taille, l’équipage et le budget, consultez notre guide pour choisir une goélette.
La flotte de goélettes de Bodrum va des bateaux économiques de 4 cabines aux unités de luxe de 35 mètres. Au départ de Bodrum, vous accédez aux baies abritées de la péninsule – l’île d’Orak, Karaada, Akbük ou Yalıkavak. La côte offre de belles baignades, plusieurs sites antiques et un accès facile aux îles grecques (Kos, Kalymnos) si vous obtenez les autorisations.
Marmaris et Göcek sont les portes des zones de navigation les plus spectaculaires de Turquie. La région de Göcek compte de nombreux mouillages. Vous pouvez visiter la baie de Bedri Rahmi et ses anciennes peintures rupestres. L’île de Tersane abrite des ruines byzantines. Les bains de Cléopâtre sont tout proches, ainsi que d’innombrables criques sans nom.
La côte turque entre Göcek et Kaş offre des vues superbes. Les forêts de pins rejoignent l’eau turquoise et les montagnes surgissent de la mer.
Le choix de l’itinéraire dépend de vos priorités. Les passionnés d’histoire privilégieront les itinéraires au départ de Bodrum vers Cnide (Knidos), Caunos et Dalyan.
Les amateurs de plage choisiront Göcek et Fethiye pour certaines des plus belles plages et zones de baignade de Turquie. Les voyageurs sociables préfèrent Bodrum pour sa vie nocturne et sa marina. Ceux qui cherchent l’isolement regarderont les itinéraires entre Kaş et Kekova, où vous mouillerez seuls la plupart des nuits.
Quels itinéraires pour les débutants et pour les habitués ?
Idéal pour une première croisière :
- Bodrum – golfe de Gökova – Eaux protégées, courtes étapes (8-16 milles par jour), bonnes infrastructures à la plupart des escales. Météo prévisible en été.
- Les 12 îles de Göcek – Très peu de pleine mer, d’innombrables mouillages à 5-10 milles, navigation facile, conditions idéales pour débuter.
- Fethiye – Kalkan – Étapes modérées (12-18 milles), mélange de baies calmes et de petites villes, bon équilibre entre isolement et services.
Plutôt pour les habitués :
- Bodrum – îles grecques – Autorisations préalables obligatoires (des frais supplémentaires par personne, communiqués à l’avance), étapes plus longues (20-30 milles), traversées en mer ouverte, formalités douanières. Cela vaut le détour pour Symi et Kos.
- Kaş – Kekova – Mouillages isolés, infrastructures limitées, étapes plus longues, plus grande dépendance à la météo. Paysages grandioses mais moins indulgents.
- Tour de la péninsule de Datça – Côtes exposées, vents plus forts, moins de baies abritées. Magnifique, mais demande de la souplesse.
Conseils saisonniers selon l’itinéraire :
- Juin : tous les itinéraires conviennent. L’eau se réchauffe (22–24 °C), les fleurs sauvages éclosent, vents légers.
- Juillet–août : restez sur les itinéraires abrités (Göcek, golfe de Bodrum). Le meltem culmine à 20–25 nœuds l’après-midi. Mouillages fréquentés.
- Septembre : le meilleur mois dans l’ensemble. Eau la plus chaude (25–27 °C), vents modérés, moins de monde. Tous les itinéraires sont excellents.
- Octobre : pour les habitués uniquement. Météo moins prévisible, certains établissements ferment, l’eau se rafraîchit (21–23 °C).
Autorisations pour les îles grecques : obligatoires pour tout bateau sous pavillon turc entrant dans les eaux grecques. Elles s’ajoutent sous forme de frais par personne, qui dépendent des îles visitées et sont communiqués à l’avance. La procédure prend au moins 7 à 10 jours. Votre opérateur s’occupe des démarches, mais a besoin des copies de passeport des passagers 3 semaines avant le départ.
Escales prisées : Kos (1 heure de Bodrum), Symi (2 heures de Marmaris), Rhodes (3 heures de Marmaris). Selon la météo – les capitaines annulent les traversées vers la Grèce si le vent dépasse 20 nœuds.
Familles et besoins particuliers
Les familles ont besoin d’équipements précis : plateformes de bain avec accès facile à l’eau, kayaks et paddles inclus, cabines assez grandes pour que les enfants ne soient pas à l’étroit, et un équipage habitué aux enfants. Les meilleures croisières en famille se font sur des goélettes de 6 à 8 cabines, où les enfants ont de l’espace et les parents un peu de tranquillité.
Recherchez des goélettes avec :
- Des plateformes de bain basses (30–40 cm au-dessus de la ligne de flottaison) – accès facile pour les tout-petits et les non-nageurs
- Des filets de sécurité sur les rambardes – empêchent les jeunes enfants de passer au travers
- Des quartiers d’équipage séparés – préservent l’intimité de la famille sur tout le bateau
- Des jouets nautiques inclus – kayaks, paddles, matériel de snorkeling, jouets gonflables (sans supplément)
- Des horaires de repas flexibles – l’équipage s’adapte au rythme des enfants
Itinéraires adaptés à l’âge : les familles avec des enfants de moins de 8 ans choisiront des itinéraires abrités (12 îles de Göcek, golfe de Bodrum) avec de courtes étapes et des eaux calmes. Les adolescents supportent des étapes plus longues et des itinéraires plus aventureux (îles grecques, région de Kekova). Les groupes d’âges mélangés se plaisent sur des itinéraires modérés (Fethiye – Kalkan) qui offrent de la variété.
Choisir le bon moment pour votre croisière
Pour la plupart des passagers, juin et septembre sont les meilleures semaines pour une croisière en goélette : eau chaude, vents plus réguliers et baies plus calmes qu’au cœur de l’été. La haute saison (juillet-août) apporte un soleil garanti, une eau chaude (26–28 °C) et des mouillages bondés. Vous partagerez les baies populaires avec 5 à 10 autres goélettes, les marinas affichent complet et les restaurants du bord de mer tournent à plein.
Mai et octobre conviennent aux voyageurs flexibles qui acceptent une eau plus fraîche et une météo moins prévisible en échange de mouillages déserts et d’un plus grand choix de bateaux. Quel que soit le mois choisi, réservez d’abord la goélette, puis planifiez l’itinéraire en fonction des vents de la saison.
Sources
- GoTürkiye (ministère turc de la Culture et du Tourisme) - "Blue Voyage" https://goturkiye.com/turkishriviera/blue-voyage
- GoTürkiye (ministère turc de la Culture et du Tourisme) - "Turkish Gulets Blue Voyage Guide" https://goturkiye.com/bluevoyage/turkish-gulets
- Musée maritime de Bodrum (Bodrum Maritime Museum) - "Boat Production" https://bodrumdenizmuzesi.org/en/boat-production/
- A|Z ITU Journal of the Faculty of Architecture - "Factors determining the gulet hull form and a look into the morphological development of the first touristic Bodrum Gulet 'Botaş'" (Cirpanlı & Turan, 2024) https://www.az.itu.edu.tr/jfa/article/view/908
- Monocle - "Turkey’s Gulet-Makers: The Future of Bodrum Boat-Building" https://monocle.com/business/bodrum-turkey-gulet-boat-building/
- CNN Travel - "Why Turkish gulets are the way to sail the Aegean" https://edition.cnn.com/2025/07/15/travel/video/gulet-yacht-turkey-sailing-spc-vrtc
- Lonely Planet - "12 best things to do in Turkey" https://www.lonelyplanet.com/articles/top-things-to-do-in-turkey
Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 12 octobre 2026.
